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    • La poésie française de Singapour

      Tching_Singapour_Couv_1500 (1)

      Jeudi 25 janvier 2024 va paraître la Poésie française de Singapour, de mon amie Claire Tching, dont voici la 4ème de couverture :

      Tching_Singapour_4ieme_1500

      Le livre a fait déjà l’objet de trois belles critiques :

      • La critique de Léonce Hebbien-Maretz
      • La lettre de Mathieu Jung
      • La critique de Claude Vercey
      21 janvier 2024

    • Autobiogéographies

      Capture d’écran 2024-01-19 à 13.20.27

      Il y a quelques mois, Michel Collot m’a invité à son séminaire sur l’autobiogéographie. Mon intervention « La forme et la valeur des lieux. Archive, improvisation, testament » essaie d’expliquer ce que je fabrique depuis quelques années. Elle a été filmée et la vidéo est accessible en cliquant sur ce lien.

      19 janvier 2024

    • IMG_2942

      Nous avons peu d’idées
      sur les choses, mais
      beaucoup d’idées sur les idées.
      Comme si nous n’osions pas
      marcher sinon

      — sur un chemin —
      est-ce cela qu’on appelle
      les opinions ? me demandai-je
      au pas rythmé par le grumellement de la
      neige fraîche

      — sur le chemin —
      (qu’aucun animal aujourd’hui
      homo sapiens, zôon logikon ou
      autre n’avait foulé) de la combe Barathoux
      vers le Mont d’Or.

      Alors qu’un pas signale une forme
      taille, marque de chaussures
      par rapport auxquelles on, etc. la neige
      est blanche n’est-ce
      pas une raison pour se taire.

      7 janvier 2024

    • Un poème

      IMG_2815

      Quatre ans après, m’est venue la même idée, en descendant de Primrose Hill à Regent’s Park : les devantures proprettes, les vendeurs de café, la petite librairie où l’on ne trouve que de bons livres (c’est là que vécurent W. B. Yeats, Sylvia Plath) puis les pelouses tondues, désertes, les bambous nonchalants, les oies dégingandées. Il a bien fallu faire venir ces pierres, les dresser ; ces plantes, les faire pousser. Donc ailleurs, creuser des carrières ; fabriquer du papier ; remplacer des forêts primaires par des rangées de caféiers ; fouetter des esclaves. La ville fait croire qu’elle est un paysage, mais tel un tapis c’est plutôt un ensemble de nœuds : au revers de la figure harmonieuse, les fils continuent de grouiller dans les banlieues, les campagnes et les colonies. Combien coûte de chaos à la globalité l’entretien continu d’un tel ordre urbain miniature ? L’étonnant, c’est que les touristes n’en profitent pas du tout ; ils préfèrent dans Londres se ruer partout ailleurs que dans ces rues trop propres et ces allées trop calmes, qui transpirent le début du XXe siècle. Nous connaissons ce qu’ils détestent : ici, on se sent dans un livre. Les choses y composent un angoissant poème. Ils donneraient tout pour pouvoir continuer à consommer, hurler, rire et vomir dans les brouillons.

      3 janvier 2024

    • Crouch End

      Puis le gros vent qui, ayant déjà rabattu une multitude noueuse de branches poilues partout sur la chaussée suppurante, écorche la couche des nuages. De larges masses grises qui s’effilochent, se courent les unes après les autres, libèrent une bande de bleu immédiatement traversée par un avion comique (ici, échouant à formuler ce que j’ai sur le bout de la langue, je feuillette Life & Times of Michael K. où j’ai rencontré ce midi au Spaniards Inn le verbe anglais dont le mot que je cherche était la traduction proposée par Wordreference : « Michael held on to a rail and embraced his mother to keep her from lurching ») titubant dans sa montée en flèche. Et au-dessus de Crouch End où les lampadaires allumés assurent pour nous, devant les maisons de poupées en brique, de minuscules cocons de lumière blafarde où scintille encore une vague bruine, les figures d’une immense composition de couleurs brouillonnes que le ciel jette à la hâte dans le désordre, comme avant sa liquidation au clap de nuit brutale. (Pas de photo.)

      2 janvier 2024

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