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      Deux recensions enthousiasmantes, récemment :

      • Sur La Forme du reste (Lurlure, 2024), l’essai critique de Jean-Nicolas Clamanges sur Acta Fabula
      • Sur Les Œuvres liquides (en librairie depuis le 2 avril), la lecture de Marc Wetzel sur Sitaudis

      Merci aux deux auteurs pour ces textes très éclairants !

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      3 avril 2025

    • Sur un tableau de Peter Doig

      Sur la mer verte et toile écrue de Peter Doig,
      le bateau rentre au port, portant les musiciens
      de la fanfare et leurs congas, cuivres, tambour
      de Trinidad et Tobago : les instruments

      rutilants d’une troupe livide, aux costumes
      transparents, transpercés d’un soleil transpirant
      les couleurs, attendant que quelque chose arrive.
      Le monde est cette cérémonie à l’arrêt.

      S’il faut douer de sens la fable délavée,
      ces onze maîtres qui, dessinés sur la peau
      spectrale de pêcheurs, désœuvrés, ces artistes

      traversant l’existence au coucher du soleil,
      suspendent l’harmonie qui suspend le travail.
      L’orchestre est tout-puissant ; le silence est son œuvre.

      27 mars 2025

    • Parution des Œuvres liquides

      La semaine prochaine, le 2 avril, paraîtront chez Flammarion Les Œuvres liquides. Il s’agit du deuxième volume d’une tétralogie commencée avec L’Éducation géographique (2022). Comme dans le premier volume, le projet général est d’essayer de « dire ce qui compte à ceux qui comptent » plutôt que faire de la littérature ; à ceci près que « ce qui compte » y apparaît cette fois davantage comme une énigme, voire un problème, et que « ceux qui comptent » se font non seulement les destinataires, mais aussi les objets des poèmes. De sorte que le livre est une tresse de trois brins, d’à peu près même longueur :
      • Une enquête sur ce qui compte, qui commence dans une déchetterie et finit dans un bureau de vote
      • Un ensemble de portraits
      • 8 chants de l’Amour du Rhône, poème qui avait pris sa source dans l’Éducation géographique
      Et comme dans le premier volume, chaque séquence explore ou invente une forme poétique différente.
      Les Œuvres liquides, Flammarion/poésie, 320 p., 23 €

      25 mars 2025

    • Entretien autour de la Forme du reste

      Rendez-vous le jeudi 27 mars à 19h30, à la librairie Tschann (125, boulevard du Montparnasse, dans le 6ème arrondissement de Paris) : je lirai des extraits de La Forme du reste, avant de me faire cuisiner par Guillaume Métayer ! A bientôt !

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      11 mars 2025

    • Chant rêvé, 3

      Depuis longtemps, je rêve (c’est le cas de le dire) de voir les 77 Dream Songs (1964) de John Berryman traduites en français. Il y a quelques années, Sabine Huynh a accepté d’en traduire 15 (en trois épisodes) pour Catastrophes, mais lorsque j’ai essayé de négocier les droits pour qu’elle s’occupe du volume entier, les ayants-droits (ou les agents, ou les éditeurs, je ne sais plus avec qui j’étais en contact) ont cessé de me répondre. Vous pouvez lire en ligne l’épisode 1, l’épisode 2 et l’épisode 3 de cette très belle traduction. Je me dis aujourd’hui que je vais peut-être continuer un peu de mon côté, en reprenant dans l’ordre et à mon allure d’escargot les 62 poèmes que Sabine n’a pas traduits. Voici une proposition de traduction du 3ème poème du livre (avec l’aide de Mark Hutchinson) :

      3

      Un stimulant pour une vieille bête

      Acacia, myrrhe brûlée, velours, piqûres aiguës.
      — Je suis pas si jeune mais pas si vieille que ça,
      a dit la belle détraquée de 23 ans.
      Sensation à la fin d’être dehors en plein froid,
      inembrassé.
      (— Mon psy peut lécher le tien.) Les femmes voient le dessous des choses.

      Tous ces vieux criminels tôt ou tard
      sont foutus. J’ai lu de vieux journaux.
      Gottwald & Co., rangé des voitures aujourd’hui.
      Les poitrines musclées lâchent. Joe, double agent.
      Retenant son souffle comme un phoque,
      elle est plus blanche & douce.

      Rilke était un con.
      J’admets ses souffrances & sa musique
      & ses dames titrées épelées super-déçues.
      Un seuil pire que les cercles
      où vivent & se planquent les vilains,
      celui de Rilke. Comme j’ai dit, —

      De nombreux vers du poème original en anglais sont étranges, d’un point de vue syntaxique. Par exemple le vers 2 de la première (« —I’m not so young but not so very old ») ou le vers 4 de la deuxième strophe : « Thick chests quit ». En fouinant sur internet, on découvre que la plupart des phrases du poème proviennent de textes préexistants dans lesquels elles ont été découpées, avant d’être remontées dans le poème, et ciselées. La première des deux (« I’m not… ») provient du journal de Berryman (il y aurait noté ce qu’il avait entendu une jeune fille dire), la deuxième détourne un article de l’un de ces vieux journaux en question (où on lirait : « His thick chest quits »).

      Il y a deux choses qui m’intéressent là-dedans : la première, c’est de comprendre si, et le cas échéant comment, le poème parvient à générer quelque chose comme « du sens » à partir de ces débris de phrases empruntés ici et là puis retaillés, remontés dans une construction originale de forme à peu près fixe (trois strophes de cinq vers exprimant les complaintes d’un alter-égo du poète nommé Henry). Ce poème par exemple, il emprunte ici et là, mais de quoi parle-t-il finalement ? Henry est seul, « inembrassé », mais avec une jeune fille : est-elle ou non une prostituée ? Les arbres à piquant (acacia, myrrhe) sont-ils les stimulants du titre ? Quel rapport entre la jeune fille et les vieux journaux, le double agent, Rilke ? Toutes les pièces d’un drame ne nous sont-elles pas données, qu’il nous revient de faire jouer les unes avec les autres pour en reconstruire l’intrigue ? Faut-il essayer vraiment, ou jouir du poème dans son ouverture même ? La deuxième chose qui m’intéresse, c’est le défi que donne à la traduction en français cette langue d’autant plus ciselée en anglais que l’opération propre du poète porte moins sur l’énoncé ou la proposition (qu’il copie-colle), que sur son ciselage extrême même.

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      25 février 2025

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