Mercredi 16 avril, j’étais sur France Culture pour Les Œuvres liquides (Flammarion, 2025). On a parlé de réapprendre à lire à chaque texte, de s’émanciper dans la langue, de surfer sur l’océan du réel, de chercher dans le poème à rebattre les valeurs admises et de conserver les énergies dans son thermos formel. Merci à Marie Labory et toute l’équipe des Midis ! Émission à écouter en cliquant sur ce lien.
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Article sur les ŒL
Un excellent article de Clément Alfonsi sur Les Œuvres liquides vient de paraître. En voici le premier paragraphe :Les Œuvres liquides est le deuxième tome d’une tétralogie, intitulée Encadrements. Ce livre sort cette semaine, les deux suivants sont déjà programmés, annonçant bel et bien un projet, là où d’autres œuvres, bien que tout à fait intéressantes et animées elles aussi d’un programme, sont plus ponctuelles, visent moins à l’ampleur, plutôt au jalon des idées et des formes. Malgré un refus thématique de la prétention, évidemment motivé par les faibles pouvoirs de la poésie d’un point de vue matérialiste et sociologique, l’œuvre se présente donc comme monumentale. Il s’agit non pas de se poser comme poète bâtisseur ou prophète (« je ne suis pas Victor Hugo » est une phrase récurrente en poésie contemporaine : elle est trouvable dans un article récent de Vinclair sur son blog, et donna son titre à un recueil d’Olivier Barbarant), mais de présenter un éventail de formes et de thèmes, dans une œuvre savamment construite et, bien que striée, réticulaire, rhizomatique, présente une vision d’ensemble de notre époque et de notre poésie. Cela étant dit, le jugement de valeur s’impose : cette prétention ferait pschitt immédiatement si elle n’était pas accompagnée de virtuosité. Ce devait être soit un échec cuisant, soit un chef-d’œuvre. On me pardonnera peut-être cet écart par rapport aux chroniques précédentes, où j’ai plus cherché une ascèse textuelle, une mise à distance, une critique qui soit non-baudelairienne, c’est-à-dire non (ou a minima) passionnée, politique, amusante. Cela fait trop d’années que je suis désormais l’œuvre de Vinclair et je suis trop moi-même impliqué dans les formes et les idées convoquées dans l’ouvrage pour ne pas être obligé à la subjectivité. Aussi le dis-je sans les pudeurs d’usage : c’est un chef-d’œuvre.
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Point presse
Deux recensions enthousiasmantes, récemment :- Sur La Forme du reste (Lurlure, 2024), l’essai critique de Jean-Nicolas Clamanges sur Acta Fabula
- Sur Les Œuvres liquides (en librairie depuis le 2 avril), la lecture de Marc Wetzel sur Sitaudis
Merci aux deux auteurs pour ces textes très éclairants !
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Sur un tableau de Peter Doig
Sur la mer verte et toile écrue de Peter Doig,
le bateau rentre au port, portant les musiciens
de la fanfare et leurs congas, cuivres, tambour
de Trinidad et Tobago : les instrumentsrutilants d’une troupe livide, aux costumes
transparents, transpercés d’un soleil transpirant
les couleurs, attendant que quelque chose arrive.
Le monde est cette cérémonie à l’arrêt.S’il faut douer de sens la fable délavée,
ces onze maîtres qui, dessinés sur la peau
spectrale de pêcheurs, désœuvrés, ces artistestraversant l’existence au coucher du soleil,
suspendent l’harmonie qui suspend le travail.
L’orchestre est tout-puissant ; le silence est son œuvre.
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Parution des Œuvres liquides
La semaine prochaine, le 2 avril, paraîtront chez Flammarion Les Œuvres liquides. Il s’agit du deuxième volume d’une tétralogie commencée avec L’Éducation géographique (2022). Comme dans le premier volume, le projet général est d’essayer de « dire ce qui compte à ceux qui comptent » plutôt que faire de la littérature ; à ceci près que « ce qui compte » y apparaît cette fois davantage comme une énigme, voire un problème, et que « ceux qui comptent » se font non seulement les destinataires, mais aussi les objets des poèmes. De sorte que le livre est une tresse de trois brins, d’à peu près même longueur :- Une enquête sur ce qui compte, qui commence dans une déchetterie et finit dans un bureau de vote
- Un ensemble de portraits
- 8 chants de l’Amour du Rhône, poème qui avait pris sa source dans l’Éducation géographique
Et comme dans le premier volume, chaque séquence explore ou invente une forme poétique différente.Les Œuvres liquides, Flammarion/poésie, 320 p., 23 €





