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    • Marigot 30

      Retrouver la page des « Marigots »

      Sur la ville engourdie de citadins, un seul gros nuage gris justifie la distribution de toutes les particules lumineuses. Les bâtiments noués forment l’unique surface qui les révèle. De deux choses alors l’une : ou tout ce qui a lieu jamais n’est qu’une concession de la composition à la psychologie des spectateurs, ou tout — même ces reflets dans l’eau, ces pigments blancs, la solitude et le silence — donne à bas bruit et pour qui peut l’entendre (s’efforçant de longue date d’aiguiser son attention dans l’infinie composition, singeant leur interprétation, des choses-signes) une allégorie sur l’événement flottant ombrageant la cité. Nul n’en revient, bien sûr. Le secret qui se cache au verso de cette page, comment pourrait-il transpirer à la surface ? Pour figurer l’infigurable, le premier venu dans le miroir ne fait-il pas tout aussi bien l’affaire que ces deux citoyennes se faisant face ou presque, échangeant des nouvelles sans ombre ? L’une est la mort qui mange les traits de l’autre.

      9 Mai 2025

    • Marigot 29

      Retrouver la page des « Marigots »

      Ah, le vif trouble ! Chacun naissant s’imaginait qu’un monde aussi désespérant — découvert à ras d’excrément, rampant — serait exclusivement peuplé de mortes créatures : qu’il n’en faudrait pas donc beaucoup pour devenir l’unique. Le soi-disant miracle de la vie est pourtant chose banale. Une fiente éclaboussant de sa blancheur d’angoisse le costume un jour d’entretien nous le rappelle obscurément : l’unique ce n’est pas nous, d’ailleurs l’extraordinaire est dégoûtant. Alors nous recherchons l’existence ordinale d’une place dans la structure. Même de taille modeste, celle-ci dirigera nos gratitudes vers une fiction : voilà une adolescente empaillée qui se retourne. Le fidèle touriste tourne autour comme un vautour bien obligeant. Son appareil enregistreur venge le scandale de cette apparition d’un archivage démocratique. Le reflet sur la vitre, protégeant la peinture, compense le mépris sec de la perle, laquelle ne daigne pas offrir le sien, pour assurer : « mais oui, tu es bien là ! »

      7 Mai 2025

    • Les Œuvres Liquides à Libralire

      Le 20 mai à 19h30, j’aurai le plaisir de me faire cuisiner par l’ami Martin Rueff à la librairie Libralire, 116 rue Saint-Maur 75011, à l’occasion de la parution des Œuvres liquides (Flammarion, 2025). Les interventions de Martin sont toujours des chef-d’œuvres critiques, venez venez !

      5 Mai 2025

    • Marigot 28

      Retrouver la page des « Marigots »

      Tout événement se décompose en un duo comique : la forme est un grand type dégingandé, le contenu nerveux ou le contraire. Ils ne nous regardent pas ; leur ressemblance avec nos attendus n’est qu’une contrainte qu’il nous faut ajouter à ce qui a eu lieu lorsque la toile des choses s’est trouée ou qu’elle s’est excédée d’une nouvelle dimension. Si ces personnages s’interrompent pour s’adresser soudain à nous, l’effet de réel suit la distanciation comme un plagiat : de même ne me suis-je pas drôlement donné pour règle du jeu la plausibilité d’un vouloir-dire, fût-il troublé, par-dessus le marché ? Pensez, l’intelligence superficielle du sens vous donne le sentiment ravi d’un temps accompagné. Pendant que chacun se rassure, la ligne vit sa vie, jouit l’aventure en sautant solitaire d’une chose obscure à l’autre au gré de satanées bonnes courbes. Quant à cette prophétie vue de plongée, elle n’implique pas qu’un lieu contienne son spectateur, elle fait seulement de lui un élément du songe.

      [Illustration : Rembrandt, « Jérémie pleurant la destruction de Jérusalem », 1630]

      4 Mai 2025

    • Marigot 27

      Retrouver la page des « Marigots »

      Creuse en lisant cette intériorité ; libère une troisième dimension d’espoirs, de souvenirs ; abstrais une personne vigoureuse du petit chronotope qui te contient et laisse-la échapper, ici grand et maintenant, au chétif ici et maintenant — je ferai le contraire pour revenir, dans un aller-retour entre le visible et l’écrit. Le vide qui m’ausculte, j’essaie de le tresser aux choses et non de le sculpter ; et m’accrocher aux moindres événements sur la paroi pour y laisser ma peau, éclabousser ce blanc du blanc cassé de l’inconscient. Une personne est le projet d’une composition, comme contempler ces toiles organisées par quelque chose que l’on ne perçoit pas soulage les courants d’air qui nous traversent en sifflant. Quel rapport entre lettre et mappemonde ? L’espace représenté dans un rectangle est une fiction et dérobé, le message permet de penser qu’elle fut écrite de l’autre côté de l’océan. Il donne le possible sens de tout. De l’autre côté de l’histoire, ou de l’écran. Bien à toi.

      3 Mai 2025

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