
une rue commerçante le long de la yamanote
dont le nom signifie la ruelle aux bonbons
(ou aux américains à cause du marché noir)
cinq cents boutiques alignées (restaurants
vêtements jeux légumes poissons joaillerie
s’arrachent les touristes & les promeneurs
des sardines déambulant toujours à gauche)
d’où s’échappent catapultés les hurlements
des marchands se faufilant entre les corps
presque à l’arrêt et pénétrant les tympans
les néons aperçus au-dessus de l’hydre aux
mille têtes se chargent d’occuper les yeux
quelques pervers refoulés du dernier wagon
descendront tâter quelques popotins locaux
sans oublier l’odeur des melons piqués sur
baguette ou des chétives courgettes jaunes
bientôt broyées par de fiévreuses molaires
au fond d’une mâchoire où pleure la langue
tous les sens saturés oh tokyo je te donne
mon corps infiltre-toi en chacun des trous
viens que la ville circule dessous la peau
écarlate & tendue par tous les sens brûlée
tokyo avale-moi je t’avale jusqu’à devenir
tokyo je veux devenir devenir le monde oui
(rêvasse l’agent chargé de la circulation)
photo : Clémence
Répondre à schmou Annuler la réponse.