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Pierre Vinclair – l'atelier en ligne
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    • Visite à un maître taoïste du Mont Daitian, introuvable

      访 戴 天 山 道 士 不 遇
      李白

      犬 吠 水 声 中
      桃 花 带 露 浓。
      树 深 时 见 鹿
      溪 午 不 闻 钟。

      野 竹 分 青 霭
      飞 泉 挂 碧 峰。
      无 人 知 所 去
      愁 倚 二 三 松。

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      Visite à un maître taoïste du Mont Daitian, introuvable

      (Poème de Li Bai, traduction maison)

      Un jappement de chien parmi les bruits de l’eau ;
      des fleurs de pêcher lourdes de rosée épaisse.

      On voit parfois un cerf au fond de la forêt,
      on n’entend pas de cloche à midi sur la rive.

      Sauvages les bambous coupent la brume bleue,
      la cascade se pend à un pic émeraude.

      Chacun de nous ignore où cet homme est parti
      et s’appuie tristement contre deux ou trois pins.

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      Commentaire

      On se demande souvent comment rendre en français l’intérêt des poèmes chinois classiques. Sans toutefois rentrer dans la complexité des règles prosodiques entre les différents styles de poèmes, il faut essayer de faire mieux que la traduction vers-à-vers à laquelle on se sent souvent condamné, et qui aboutit à donner l’impression que la poésie chinoise est à la fois libre et terne, alors qu’au contraire — par exemple celle de Li Bai — elle crépite, tout en étant très codifiée. La traduction que je viens de proposer se donne pour objectif (sans sacrifier le sens) de faire apparaître 1. la régularité métrique des vers, 2. le parallélisme qui structure chaque distique, et 3. l’ambiguïté liée notamment à l’absence des pronoms personnels en chinois : ainsi dans l’original (page suivante), la saveur des deux derniers vers tient notamment au fait qu’ils peuvent se lire à la fois « Personne ne sait dans quel endroit [il] est allé, / [et je m’]appuie tristement contre deux ou trois pins » et « Personne ne sait dans quel endroit [il] est allé, / [où il s’]appuie tristement contre deux ou trois pins ».

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      7 Mai 2023

    • Entretien sur Diacritik

      Quels rapports entre écriture poétique et théorie ? Entre poésie classique et poésie contemporaine ? Entre la sauvagerie et le concept ? Un poème peut-il faire de la politique ? Et quoi de neuf, dans la poésie française contemporaine ?

      À l’occasion de la parution des Idées arrachées (Éditions Lurlure, 2023), je me suis fait cuisiner pour un Grand entretien par Nicolas Poirier et Fabien Aviet…

      (Sur le même livre est paru récemment une belle sur critique de Mathieu Jung sur Poesibao)

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      3 avril 2023

    • Le Chaos dans 14 vers

      Le Chaos dans 14 vers paraît le 3 mars 2023 aux Éditions Lurlure.

      LE TITRE
      « Le Chaos dans 14 vers » est une citation d’Edna St. Vincent Millay, l’une des 14 poètes de l’anthologie.

      LES AUTEURS
      Plutôt que de traduire un ou deux sonnets de centaines de poètes, j’ai choisi seulement 14 poètes, de Shakespeare à nos jours, mais j’en donne des ensembles vraiment conséquents (entre 6 et 19 poèmes). De cette manière, le livre n’est pas seulement une anthologie de sonnets, c’est aussi 14 petites anthologies, d’autant d’auteurs et autrices. 4 classiques, 4 romantiques, 4 modernes et 2 contemporain(e)s : un sonnet de sonnetistes. La plupart d’entre eux sont Anglais(e)s, mais il y a aussi trois Américain(e)s et un Singapourien.

      POURQUOI LE SONNET ?
      Je m’intéresse au sonnet depuis assez longtemps ; mais depuis cinq ou six ans cet intérêt est devenu plus systématique. J’ai ainsi écrit deux ensembles de sonnets en 2018 et 2020 (Sans Adresse et Le Confinement du monde, parus également chez Lurlure), et en tant que directeur de la collection S!NG ai publié ceux de Laurent Albarracin (Contrebande, le corridor bleu, 2021) et en 2023, les Sonnets américains de Terrance Hayes (dans la traduction de Guillaume Condello).

      Il est assez simple d’expliquer ce qui m’intéresse dans le sonnet : il s’agit d’une forme partagée. Je veux dire par là que la plupart des lecteurs qui sont passés par le lycée savent à peu près comment cela fonctionne : la dialectique de l’octave et du sizain (ou des quatrains et des tercets), l’importance de la volta ou de l’épigramme final. Ils en connaissent les usages amoureux ou élégiaques. La poésie ne peut pas se réduire à cela, c’est entendu ; mais qu’il existe encore une forme partagée, qui permette à l’auteur de faire des coups (sur le ring du poème) que son lecteur puisse identifier comme tels (et, partant, jouer avec les attentes de celui-ci et le surprendre), offre un témoignage précieux, non seulement de la manière dont on pratiquait la poésie jadis (comme si le sonnet était un fossile), mais aussi de ce que l’on peut attendre d’une écriture qui inventerait, pour l’avenir, de nouvelles formes partageables (comme si le sonnet était un prototype). Dans ce cadre, il est du premier intérêt d’aller regarder comment les auteurs anglophones se sont eux-mêmes débrouillés avec cette forme, tout aussi ancienne et tout aussi vivante chez eux que chez nous.

      LA TRADUCTION
      Le livre est bilingue. Toutes les traductions sont de ma main.
      Quatre des ensembles (ceux de Mary Wroth, Edna St. Vincent Millay, Joshua Ip et Marilyn Hacker) n’avaient jamais été traduits en français.
      Je rends compte, dans chaque notice introductive, des principes de traductions adoptés : ils varient d’un ensemble à l’autre. Par exemple, j’ai traduit les sonnets de Shakespeare avec des rimes, car la dimension épigrammatique du distique final le rendait nécessaire ; en revanche, mes traductions des sonnets de John Donne (où la précision de la vision l’emporte) ne sont pas rimés. Les notices introductives (qui redonnent également le contexte historique et biographique) peuvent être lues comme des réflexions sur l’art de la traduction, mais aussi comme les fragments d’un traité sur les fonctions différentes que peuvent avoir les rimes dans l’économie d’une identique forme poétique donnée.

      LA 4ÈME DE COUVERTURE
      « Un proverbe espagnol m’en informe : qui ne sait pas faire un sonnet est un idiot, mais qui en fait deux est un fou. » (John Donne)

      LA 4ÈME DE COUVERTURE À LAQUELLE VOUS AVEZ ÉCHAPPÉ
      Voici quatorze ensembles de sonnets écrits
      Par de prépondérants poètes anglophones
      (Shakespeare, Wordsworth, Milton, Wroth, Browning, Hopkins, Donne,
      Millay, Owen, Cummings, Keats, Hacker, Rosetti
      Et Ip) puis rendus, par l’art adultérin
      De la version — ayant fait mon aérobic
      Avec leur muse, j’ai converti leurs ïambiques
      Pentamètres, rimés, en mes alexandrins,
      Rimant ou non (si l’épigramme y encourage,
      La recherche au contraire de la précision
      Interdit le recours aux vagues accouplages :
      J’ai donc choisi au cas par cas et en fonction
      De ce qui me semblait, tel son cœur, à l’ouvrage
      Dans chaque ensemble : le spectacle ou la vision).

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      16 février 2023

    • Poésie pour la fin et le début des mondes

      Le 26 novembre, j’ai été invité par le CIPM à performer un solo : une traversée de mon travail du début à la fin. Plutôt que de laisser chaque livre à sa solitude, j’ai décidé de composer un immense et unique poème, en un patchwork non-chronologique arrangeant des extraits de tous mes livres de poésie, de Barbares (2009) à l’Éducation géographique (2022), avec aussi des inédits à paraître.
      SOMMAIRE :
      00’00 » : Introduction
      03’53 » : LA SAUVAGERIE, I (fin du monde)
      06’52 » : BARBARES, I
      09’50 » : « En l’honneur » dans LES GESTES IMPOSSIBLES
      13’27 » : « Le premier mort de la Commune » (à paraître)
      18’20 » : « À l’origine » dans L’ÉDUCATION GÉOGRAPHIQUE
      22’10 » : SANS ADRESSE
      24’26 » : « La Mort de Gilles » (à paraître)
      29’06 » : LA SAUVAGERIE, 5 (désir)
      32’05 » : « Adresse », dans LE COURS DES CHOSES
      36’10 » : « Sonnets de chiffon » dans LE CONFINEMENT DU MONDE
      42’40 » : « Vandana Shiva » dans LA SAUVAGERIE
      47’45 » : LE COURS DES CHOSES (création du monde)
      25 janvier 2023

    • Revue de presse

      Quelques articles récents sur des livres récemment parus :

      SUR BUMBOAT (sept. 2022)

      • Un bel article de Marc Wetzel sur La Cause littéraire
      • La critique de Tristan Hordé sur Sitaudis
      • La critique de Christian Rosset sur Diacritik
      • « La descente de la Singapore River » par Claude Vercey sur Décharge

      SUR LES IDÉES ARRACHÉES (jan. 2023)

      • La critique de Christian Rosset sur Diacritik

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      17 janvier 2023

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