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      Deux  « cristazains » à propos de photographies. Le premier concerne la rétrospective Edward Weston qu’on peut voir à la Maison Européenne de la Photo, et le second une seule photo de Tyler Mitchell, également à la MEP. Et pour l’un comme pour l’autre, c’est la dernière semaine.

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      11. Edward Weston

      Le photographe avive dans l’instant
      l’architecture aplatie de l’espace
      et Carl Sandburg, poète méditant
      sur le pont dont les ombres se déplacent,
      devient l’arbitre inquiet des surfaces ;
      le poivron vert qui s’entr’enlace s’aime
      (c’est de cadrer un objet sur lui-même
      en l’isolant de corrélats pratiques
      qu’on en extrait — le geste du poème
      est dans la coupe — un trait métaphorique).

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      12. « All American Family Portrait »

      Tout s’équivoque et le bleu d’ouvrière
      peut accoucher d’un orange à la mode
      ou le bonnet de gangster d’un bon père
      au crépuscule : invraisemblable code
      qui, sans se démentir, ne s’incommode
      pas de l’envers de ce qu’il représente
      et — clé du titre à part — le vent violente
      moins le drapeau hautain de l’Amérique
      qu’il ne libère une rumeur flottante
      de ferme jeu dans l’amour anarchique.

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      20 janvier 2026

    • Images d’un concert

      Deux « cristazains » de nouveau très différents. Le premier médite sur deux photos de Patrick Wack exposé en ce moment à la Little Big Galerie 45 rue Lepic (75018), et l’autre sur la musique de Louis Sclavis, qui est passé vendredi 16 janvier au studio de l’Ermitage avec son quintet, dont le dernier album India est édité par le label Yolk.

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       9. Azov Horizons

      Pour faire un cadre à l’intérieur duquel
      les contours (doux, de voiles, ou brutal,
      d’écume en voile de mariée) révèlent
      des corps troublés par l’énergie vitale,
      le vertical cogne l’horizontal,
      fermant la mer. La mort rôde. Un corbeau
      tombe des nues — cent corbeaux, les héros
      montés au ciel sans Flyboard, quand la guerre
      gerbe ses fleurs à l’ombre des drapeaux
      sous le cruel espoir de la lumière.

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      10. India

      Jazz inouï de la musique indienne ;
      Louis Sclavis fait de ces deux traditions
      les comburants d’un bûcher sur la scène
      brûlant au feu d’improvisation
      individus civilisations
      de chant mêlés. Le reste, c’est du vent
      sorti de l’anche, un simple pincement
      au cœur de quatre ou de deux cents cordages —
      le dinghy file entre les battements
      sous la trompette éblouie de l’orage.

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      18 janvier 2026

    • Deux chants

      Deux « cristazains » bien différents d’inspiration, pour célébrer le chanteur Yves Jamait (vu à l’Européen) et le poète Martin Rueff (à la Maison de la poésie) :

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      7. Accordéonnez-moi

      L’identité est souvent souterraine.
      Née de ruisseaux parcourant les régions
      secrètement, elle jaillit sur scène
      une et marbrée d’étranges traditions
      dans le débit de deux accordéons ;
      qui sait, parmi ses sources clandestines,
      si telle est maghrébine et telle andine ?
      Les sédiments qui polluent la rivière
      sont la rivière et l’accent qui patine
      tourbe est la voix. La France a goût de Terre.

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      8. Mode avion

      Comment créer l’esprit de notre temps ?
      Docte question ! Va plutôt dessiner
      les fondements de brefs accouplements
      avec les morts — délier, combiner,
      jouer « l’esprit de notre temps » aux dés :
      nul ne rendra raison des contingences
      ou le hasard lui-même. En apparence,
      l’immaîtrisable est la pièce maîtresse
      de ce jeu, mais qui pleure en forme lance
      les petits feux de joie de la détresse.

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      15 janvier 2026

    • « Première image terrible » sur Poesibao

      Poesibao vient de publier ce qui devrait être le début d’une série de six poèmes de cent vers, « Première image terrible », dont voici les premiers vers :

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      Je ne crois pas qu’il existe un enfer
      et si positivement peu que j’affirme :
      Non ! Non ! Cela n’existe pas !
      (mais quel enjeu y a-t-il ici,
      pour nous compost moderne ?)
      et refuserais de prêter
      un vers petit
      ou d’imagination, appât ou couverture
      d’une aventure de la pensée
      plus singulière ou ambitieuse,
      aux fantasmagories, [cliquez pour lire la suite]

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      13 janvier 2026

    • Économie & rap

      Deux cristazains d’inspirations assez différentes pour continuer la série, avec d’une part une lecture de Growth. A Reckoning (Penguin, 2025) de Daniel Susskind, un essai d’économie sur la croissance et ses contreparties, et l’opportunité d’une politique décroissante. Et d’autre part, l’écoute d’ « Offence », un morceau de Little Simz (on peut voir le clip ici) dont les paroles ajoutent à l’egotrip délirant habituel du rap un zest plus sympathique de black girl power.

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      5. Growth. A Reckoning

      Contreparties. La radicalité,
      écrit Susskind, n’est qu’une rhétorique
      quand fait défaut la plausibilité ;
      Contreparties ! Modéré, il explique
      non seulement les effets mécaniques
      de la croissance (ils furent positifs
      sur la misère autant que négatifs
      sur le climat), mais défend l’importance
      d’un jeu public plus participatif
      à faible dé contreparties croissance.

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      6. Offence

      Je n’entends rien aux punchlines anglaises
      de Little Simz… quand soudain : I’m Jay-Z
      on a bad day, Shakespeare on my worst days !
      « Regardez-moi ! J’ai un plus gros zizi
      que le plus grand auteur de poésie ! »
      Le ridicule appuie-t-il la malice
      d’une saillie d’abord provocatrice
      et taillée pour que l’auditeur comprenne
      ce qu’est l’offense, en acte ? I said it with
      my chest and I don’t care who I offend.

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      8 janvier 2026

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