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    • Complaintes & Co.

      CV Complaintes & Co - Vinclair BAT (1)

      Le 14 mars est paru Complaintes & Co. dans la collection poche du Castor Astral. Il s’agit d’un ensemble inédit, composé de 45 portraits de personnes côtoyées ou croisées en 2023, dont 15 personnages de Shakespeare.

      On peut déjà lire deux très belles et riches recensions sur Poesibao :

      • La critique de Marc Wetzel
      • Celle de Mélanie Cessiecq-Duprat

      Deux articles complémentaires, dans la mesure où le premier s’attache à circonscrire le sens de la complainte (de quel rapport au monde elle est l’exercice), alors que le deuxième s’intéresse davantage à la construction en miroir du livre et son rapport au théâtre.

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      6 mars 2024

    • Entretien avec Maxime Decout

      Tching_Singapour_Couv_1500 (1)

      Y a-t-il vraiment une tradition poétique française à Singapour ? Qui est Claire Tching ? S’agit-il, quand on écrit, de retrouver une expérience authentique du réel singulier ? Dans quelle mesure l’intéressant, c’est l’extra-ordinaire ?

      On discute de ces problèmes — et partant, de Georges Perec, d’hétéronymie, de pataphysique et d’autres choses — avec Maxime Decout dans une traversée 4 nages de la Poésie française de Singapour, de Claire Tching (Æthalidès, 2024), sur Diacritik : cliquez ici.

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      15 février 2024

    • L’effort éthique

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      Poesibao publie le texte de la conférence que j’ai donnée à l’Université de Strasbourg le 8 février. Derrière le titre un peu grandiloquent (« L’effort éthique du poème : Exploration, formulation et création du monde ») il y a le making-of d’un poème sur le Rhin et le Rhône, adressé aux membres de l’auditoire. Cliquez ici.

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      12 février 2024

    • Conférence à Strasbourg

      Capture d’écran 2024-02-03 à 10.57.01J’ai été invité par Lethica à donner une conférence à l’université de Strasbourg le jeudi 8 février (18h à l’amphithéâtre du Collège Doctoral Européen). Mon intervention a ce titre un peu grandiloquent : « L’effort éthique du poème : exploration, formulation et création du monde », mais se présente plus humblement :

      « Au lieu de traiter de généralités, partons d’une situation particulière, la nôtre : que se passerait-il si j’essayais de vous adresser un poème à vous, membres de l’auditoire qui m’écoutez ? Quelle forme aurait ce poème ? Que dirait-il ? Quels tours prendrait sa recherche et dans quelle mesure peut-on dire qu’elle ressortit à l’éthique ? »

      L’entrée est libre et gratuite.

      Pour celles et ceux qui n’habitent pas Strasbourg, la conférence sera filmée, et retransmise en direct via Zoom. Si vous êtes intéressé(e), écrivez-moi, je vous enverrai le lien avec plaisir !

      3 février 2024

    • Le ver et la panthère

      IMG_2997

      Je continue ma traversée de la Légende des siècles et je m’arrête, dans « l’épopée du ver », sur trois strophes disséminées dans le long poème. En réalité, c’est à chaque fois moins que la strophe qui m’arrête, plutôt un vers ou deux (mais ce vers ou ce distique ne prennent leur relief que dans la strophe qu’ils illuminent ou balafrent) ; le reste du temps, je trouve que Victor Hugo en fait trop. Ce par quoi je veux dire : il cherche trop le coup rhétorique. Ce qui m’intéresse, dans les trois passages que je vais citer, c’est qu’il se passe me semble-t-il quelque chose d’irréductible à une réussite rhétorique. Quelque chose, mais quoi ? Voici la première strophe (c’est le ver qui parle) :

      Je suis l’intérieur du prêtre en robe blanche,
      Je bave dans cette âme où la vérité penche ;
      ____________ Quand il parle je mens.
      Le destin, labyrinthe, aboutit à ma fosse.
      Je suis dans l’espérance et dans la femme grosse,
      ____________ Et rois, dans vos serments.

      une autre :

      Tout me sert. Glaive et soc, et sagesse et délire.
      De toute temps la trompette a combattu la lyre ;
      ____________ C’est le double éperon,
      C’est la double fanfare aux forces infinies ;
      Le prodige jaillit de ce choc d’harmonies ;
      ____________ Luttez, lyre et clairon.

      Une troisième enfin :

      Qu’est-ce que l’univers ? Qu’est-ce que le mystère ?
      Une table sans fin servie au ver de terre ;
      ____________ Le nain partout béant ;
      Un engloutissement du géant par l’atome ;
      Tout lentement rongé par rien ; et le fantôme
      ____________ Créé par le néant.

      Les passages qui m’intéressent dans ces strophes sont les suivantes : « Je bave dans cette âme où la vérité penche » (surtout le premier hémistiche), puis « Et rois, dans vos serments » ; dans la deuxième l’expression « choc d’harmonies », dans la troisième l’épigramme formé par les deux premiers vers.

      Quand je parle de « réussite rhétorique », je parle par exemple des quatre derniers vers de cette troisième strophe, avec ce jeu d’opposition « nain / géant », ainsi que les rimes excessivement riches. On a l’impression d’un magicien qui fait son bonneteau devant nos yeux ébahis. Il me semble qu’il n’en va pas tout à fait de même avec « Je bave dans cette âme », où le « a » du mot bave, oui, vraiment, s’allonge et bave dans celui du mot « âme ». C’est-à-dire que là, nous ne sommes pas dupes d’un vieux tour de magie rhétorique : il se passe vraiment quelque chose d’organique dans les mots. Je l’entends aussi dans l’extraordinaire « choc d’harmonies » (où l’on verrait presque les cymbales cogner l’une sur l’autre) — et, dans un tout autre registre, dans la manière qu’a le poème de tourner soudain la tête vers les rois pour leur dire « Et rois, dans vos serments ».

      Que peut-on dire de ces phénomènes ? Plein de choses, j’imagine. Ce que je voudrais rapidement pointer, de mon côté, c’est seulement ce qu’ils doivent à la métrique régulière : « Je bave dans son âme » fait son effet grâce au rythme 2/4, qui porte un accent sur le -a, d’une part, l’allonge avec cette micro-césure enjambante sur le -e de « -ve » d’autre part, et porte un troisième accent sur « âme » enfin. Pour « de ce choc d’harmonies », je crois que l’effet très spécial de cet hémistiche repose aussi sur un rythme en 2/4 : « de ce / choc d’harmonies ». Or ce rythme est lui-même imposé par une nécessité syntaxico-sémantique : on ne peut en effet pas lire en 3-3, « de ce choc / d’harmonies » car la pause après choc vaudrait comme une virgule qui, à cause de la ressemblance de la structure de surface (de / d’) créerait une confusion artificielle, et empêcherait de voir que « d’harmonies » est le complément du nom de « choc ». C’est bien cette nécessité syntaxico-sémantique, couplée au travail de l’alexandrin qui avance par sous-rythmes, qui impose ainsi de faire une pause après « ce », par quoi jaillit l’inattendu « choc d’harmonies » comme un diable de sa boîte. Autrement dit, l’alexandrin agit ici comme une espèce de maître immanent, par lequel une alchimie dans les structures de la langue a lieu, qui ne ressortit pas simplement aux décisions du grand poète rhéteur.

      Il n’y a pas de contradiction entre la vie du poème et sa forme, entre la sauvagerie et la convention (qui est tout autre chose que l’arbitraire) : la panthère est bien vivante dans sa cage, alors que ce qui s’agite libre au bout du bras du prestidigitateur, n’est qu’une marionnette.

      26 janvier 2024

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