Deux cristazains

L’année dernière, j’ai composé beaucoup de « marigots ». Coup sur coup, je viens d’écrire deux « cristazains », qui m’amusent bien surtout parce que (outre qu’ils archivent les « expériences culturelles », leur titre reprenant celui du film, de l’exposition ou du livre dont ils proposent une critique sommaire) s’y superposent des règles de prosodie très-claires (du lisible) et de la syntaxe un peu aventureuse (de l’insynthétisable). Les voici :

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1. Soundtrack to a Coup d’Etat

Abbey Lincoln et Maya Angelou
Font irruption dans les Nations Unies —
Les USA, Lumumba mis au trou,
Au nom piteux de la démocratie
Ont saccagé le Congo asservi —
Khrouchtchev, héros ? Je sors du film sonné,
L’esprit hurlant et l’oreille énervée :
La liberté défie la politique
Dans la souffrance à l’anche qui souffle et
La poésie moins bien que la musique.

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2. Gerhard Richter

Étant donné que les formes existent,
Que les contours dans la réalité
Font du miroir « le meilleur des artistes »
Et de l’ennui une virtuosité,
Nous sommes pris par la perplexité —
Comme si l’art, dont l’énigme perdure,
Se réduisait (à coup de « dépeintures »
Tournant le dos au sens de la trouvaille)
Au copyright de sa caricature —
L’insignifiant qui ne dit rien qui vaille.

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