Un instant

La poésie ressemble à une pluie de phrases
tombées d’un ciel ancien sur mon bureau en piles
de livres. À travers le rideau des feuillages
(je comprends seulement que ce sont les feuillages ;

la fenêtre est fermée pour conjurer l’automne
et je me demandais comment le vent pouvait
agiter mes rideaux réels !) le soleil jette
sur ma barbe blanchie sa lumière un instant

enfui, le temps qu’il prend — ma fille vient de naître
et a presque treize ans ; en attendant — je lis
En attendant Nadeau qui se paie Marc Weitzmann

et Édouard Louis — il faut y croire sans s’y croire —
de l’emmener chez l’ophtalmo pour qu’elle voie
ce monde invraisemblable — à en dresser la forme.

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