Débordement de ménines

Le troisième volume de la tétralogie [Encadrements] (dont l’Éducation géographique était le premier volet, et Les Œuvres liquides le deuxième) sera un « livre des événements ». Il devrait s’appeler Débordements. S’y croiseront, en plus de « l’Amour du Rhône » qui continuera de couler (ou de goutter !), des séquences sur des événements « publics » (comme la révolution française) et d’autres sur des événements « privés » (autobiographiques). En plus de ces trois ingrédients (le fleuve, l’histoire et la mémoire), l’ensemble sera traversé par une réflexion sur la peinture, une altérité à laquelle confronter l’art du poème.

Dans ce cadre, je me demande comment faire d’un tableau à la composition complexe (et à l’interprétation disputée), exemplairement Les Ménines de Velazquez (j’ai d’autres raisons de choisir cette œuvre précisément, mais peu importe), un modèle structural (un poème en onze parties ? avec à chaque fois un « portrait en… » — en peintre, en nain, en suivante, en princesse, en chien… en couple royal dans le miroir ?), qui serait en même temps une réflexion sur l’autobiographie, sur le poème, et surtout (c’est cela qui m’intéresse ici), sur le rapport de l’auteur à l’institution, sur ce que le pouvoir fait à l’art ou à la manière dont l’art tourne autour du pouvoir.

Je me dis que cet espace — ce journal, ce blog — pourrait recueillir et orienter les tâtonnements inévitables d’un projet si peu évident, comme il l’a fait pour les « Échafaudages RF » qui a bon an mal an fini par donner lieu à « Rond-point de l’Europe » (un poème de 600 vers, destiné à trouver sa place dans lesdits Débordements) puis « La révolution en Amérique », suite de 7 sonnets d’ailleurs publiée hier sur AOC. Puisse ce feuilleton Ménines commencer donc, un de ces quatre.

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