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Ce champ n’est pas un champ. Il n’a pas de clôture depuis les piquets de laquelle buses et autres vautours pourraient poser leur regard naïvement méchant sur nos silhouettes voûtées. Quiconque donc peut le traverser en ignorant qu’on y cultive ou ce qu’on y cultive. Ce doit être une jachère, commentent des voix sifflant dans les hauteurs quand nous sommes à genoux, grattant le sol à l’aide de petites cuillères au cul noirci. Ou un cimetière ? Un camarade dépressif lâche un cri de douleur. Deux épigones, ensorcelés par ces grimaces, en produisent des arrangements qui le transforment en mot d’ordre : et si des fillettes gloussent jouant à la marelle (ou à tout autre jeu) ils courent, ils hurlent et résolument les empêchent en leur jetant des mottes de terre. Je suis en train de fixer notre sol. En continuant de croire à ses secrets, à la vertu de la composition de poterie — cet objet rond et repoussant, en tous endroits, ceux qui le contemplent à égale distance du vide qu’il leur dérobe.
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