Retrouver la page des « Marigots »
Ah, le vif trouble ! Chacun naissant s’imaginait qu’un monde aussi désespérant — découvert à ras d’excrément, rampant — serait exclusivement peuplé de mortes créatures : qu’il n’en faudrait pas donc beaucoup pour devenir l’unique. Le soi-disant miracle de la vie est pourtant chose banale. Une fiente éclaboussant de sa blancheur d’angoisse le costume un jour d’entretien nous le rappelle obscurément : l’unique ce n’est pas nous, d’ailleurs l’extraordinaire est dégoûtant. Alors nous recherchons l’existence ordinale d’une place dans la structure. Même de taille modeste, celle-ci dirigera nos gratitudes vers une fiction : voilà une adolescente empaillée qui se retourne. Le fidèle touriste tourne autour comme un vautour bien obligeant. Son appareil enregistreur venge le scandale de cette apparition d’un archivage démocratique. Le reflet sur la vitre, protégeant la peinture, compense le mépris sec de la perle, laquelle ne daigne pas offrir le sien, pour assurer : « mais oui, tu es bien là ! »

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