Naître

Voici le plan : « Grammaire des événements » serait un poème de 1296 vers (36 blocs de 36 vers, de 36 caractères espaces comprises), destiné à être la pièce centrale du troisième volume (qui s’intitulerait également Grammaire des événements) de la tétralogie [Encadrements].

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Naître il faudrait recommencer, pour
comprendre ce que ça vaut vraiment —
au lieu de quoi l’événement de notre
vie le plus fondamental nous échappe
comme (ce n’est pas mon cas) à un ou
une buveur ou veuse celui du soir où
il ou elle devint l’amant de l’autre
et la vie qui déjà embraye ressemble
au matin ayant succédé à la beuverie
(ou, mieux, à la prise d’un cacheton
qui, après t’avoir emmené très haut,
va te faire redescendre tout en bas,
tête menton en avant sur le sol dur,
hagard, gueule froissée avec cheveux
poussant à l’intérieur, gorge sèche,
yeux lourds de poches bourrées d’une
substance dure et tempes dans l’étau
boum-boum) dans ces draps de couleur
et d’odeur inconnues, comme vraiment
si l’on vivait pour la première fois
quelque chose proche du commencement
du monde, « waouh mais pas waouh ! »
quand tu sors, gluant, de la caverne
maternelle pour te prendre aux draps
froissés (par les doigts crispés) et
mouillés (par sécrétions variées) le
premier shoot de la plus monstrueuse
drogue que tu connaîtras jamais, non
mais c’est quoi ce truc, l’oxygène !
puis toute ta vie tu rechercheras la
pureté et la souffrance de la prise,
que la mort même ne te rendra jamais
sauf contre-témoignage : à l’origine
fut le traumatisme — mieux peut-être
vaut l’oublier en effet car rien que
l’imaginer me donne un haut-le-cœur.

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