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Envol de Birdsong
J’ai le plaisir de vous inviter au lancement de Birdsong (éditions Klincksieck, coll. « De natura rerum »), le 11 février à 19h30 à la librairie Nordest, 34bis rue de Dunkerque (75010).Enquête sur une classe d’animaux en danger et récit de la prise de contact concrète avec les merles et les hirondelles de la rue, Birdsong se présente comme le making-of d’une salve de poèmes. Le livre commence par prendre les oiseaux pour objets de savoir (Qui sont-ils ? Pourquoi les connaître ? Que signifierait les « connaître » ? Et comment les aimer sans les connaître ? Que nous disent-ils avec leur chant ? Que faire pour les protéger ?), avant de les traiter en partenaires de jazz dans l’improvisation collective de vivre.Avec un cahier photographique de l’artiste coréen Byung-Hun Min.
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L’ingénieur ou la magie
Deux « cristazains » qui, quoique sur des objets différents, s’intéressent à ce que l’art a, ou prétend avoir, de magique, depuis un point de vue de bricoleur ou d’ingénieur.
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17. The Litai
Disant debout face à l’audience assise
The house of poetry was memory
and the memory was full of curses,
Alice incarne, ainsi qu’une pythie,
une façon de vivre en poésie
inaccessible aux factices moyens
(mètre compté, rimes) de mes dizains :
Alice guide, en bergère de l’être
notre troupeau ; je filtre le bousin
au barbelé des chiffres et des lettres..
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18. M. C. Escher
Exactement comme (dans la gravure)
Ève et Adam contemplent en habit
d’Ève les fruits juteux de la nature,
les visiteurs face aux xylographies
offrent un pôle à la métonymie :
Escher nous fait — c’est là son génie — croire
que son génie peut ignorer l’histoire
pour situer ses charades optiques,
en Léonard de Vinci dérisoire,
par-delà l’œil de l’art, dans la logique..
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Le droit et le pouvoir
Deux « cristazains » de sources bien différentes, l’un consécutif à la lecture d’un essai de Philippe Sands sur la deuxième guerre mondiale, et l’autre à l’écoute d’un reportage d’Elise Andrieu dans les Pieds sur terre.
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15. East West Street
Le droit doit-il à quelque obscure ville
d’Ukraine trois importants personnages ?
Pour renforcer notre intérêt, fragile
a priori, le narrateur s’engage
par un tunnel creusé dans le langage
vers son passé, le menant à Lemberg,
dans la rue même où vécut son grand-père,
et débouchant au lieu où se décide
l’arbitrage entre crime [à Nuremberg]
contre l’humanité et génocide..
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16. Je n’ai pas appris
À un moment, Jean-René anticipe
la déception d’Huguette. Il lui révèle :
« Tu serais mieux avec un autre type :
Je ne sais ni lire ni écrire… » Elle :
« Ça change rien ! Je te prends sous mon aile ! »
(Ce sont ses mots). Je cours entre les gouttes
de la pluie molle et (tous ceux qui écoutent
les Pieds sur Terre ont la même émotion,
sans doute) pleure à ces paroles toutes
trempées d’amour gros d’émancipation..
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Deux articles
Voici deux articles de critique tout récemment publiés, l’un sur un essai de Laure Michel, l’autre sur un poème de Dominique Quélen. Cliquez sur les titres pour accéder à l’article.
- « Le régime littéral » (sur Fabula)
Dans À la lettre, Laure Michel présente l’une après l’autre les poétiques d’Emmanuel Hocquard et de Jean-Marie Gleize, dans l’horizon de la définition d’un moment unique de la poésie française, défini par la « littéralité ». Mettant en évidence les enjeux communs, mais aussi les procédures singulières de chacun de ces projets d’écriture, elle propose de rattacher ce « moment » à la grande odyssée d’une poésie moderne caractérisée par sa force de rupture et sa puissance d’invention formelle. Ce qui nous permet de nous interroger, en passant, sur la puissante articulation du théorique et du pratique proposées par ces poétiques de la littéralité, par le fait moins « pauvres » ou « nues » qu’elles ne le prétendent.
- « Le grand biniou du désespoir » (dans les Temps Qui Restent)
Je m’attache essentiellement dans cet article à lire une seule prose de Dominique Quélen, tirée de Matière. Mon enquête débouche sur la question centrale de l’expérience de la poésie contemporaine : qu’est-ce que « comprendre » un poème ? Pour parvenir à cette compréhension, ne faut-il pas repasser par les opérations formelles accomplies par le poète, que le « contenu » du poème d’abord invisibilise ? La comparaison avec la musique est instructive : la mélodie paraphrasable émanant de l’orchestre est saisie différemment si l’on distingue le son singulier émis par chaque instrument…
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Catastrophes puissance 5
Catastrophes est morte, vive Catastrophes. La fin de l’aventure qui paraît au Corridor bleu. Ci-dessus vous pouvez regarder la soirée de lancement à la Maison de la poésie (elle a eu lieu le 12 janvier ; avec des lectures de Julia Lepère, Louis Imbert, Sophie Martin, Guillaume Condello et moi-même), et ci-après lire deux formidables recensions :
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