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    • Cristazains 19-39 (best of)

      Les « cristazains » continuent sur Instagram. Voici un petit best-of des vingt derniers ; ils pour objet un essai de Benoit de Cornulier, la biographie écrite par Marie-Christine Natta, un essai critique de Corinne Bayle, un tableau de Caillebotte, un autre de Quentin Matsys et un poème de Zukofsky…

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      26. Théorie du vers

      La théorie du vers a sa sibylle,
      le malicieux auteur de l’astrolabe
      métrique. Au gré d’exercices habiles,
      il prouve qu’au-delà de huit syllabes,
      un vers n’est plus perceptible (tout rab
      implique une césure fixe) et lance
      cette hypothèse avec la virulence
      d’un doctrinaire alexandrinolâtre :
      l’essor culturel d’une équivalence
      rythmique entre 6-6 et 3×4.

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      28. Baudelaire

      Piteusement turbulent, Baudelaire,
      ce « bohémien » syphilitique, endure
      maints affres, que l’esprit de réverbère
      pulvérise en un halo d’écriture
      de vers, de prose ou face à la peinture
      jusqu’à enluminer son affliction
      d’allégories exilées, carnations
      irriguées par le sang d’un sens absent,
      dans le poème, en sa circonscription
      colorée-négative, intéressant.

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      33. Chemins de foudre

      La poésie mime-t-elle un printemps
      inouï (Char) éparpillé ? — est-elle
      comme une nappe phréatique ? — étend-
      elle le flot secret d’un sens rebelle
      à la raison de margelle en margelle ?
      En bord de mort, les contraires s’allient.
      Bayle nous guide au cœur des galeries
      où les courants adverses du Léthé
      et de la Sorgue affluent dans la Folie
      où se noieront les moissons de l’été.

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      34. Les soleils, jardin du Petit Gennevilliers

      Vingt tournesols dansant devant un mur
      placidement. Midi exprime-t-il
      un ordre économique ou des structures ?
      Muets, frôlés par un souffle subtil
      et invisible, ils vibrent, érectiles.
      Le cadre fait comme deux parenthèses
      interrompant toutes les hypothèses
      dans des couleurs (ce que tu ne peux dire
      par un poème, il faut que tu le taises).
      À l’intérieur, quelque chose respire.

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      36. Sainte Madeleine

      Son déhanché me secoue. Je m’arrête ;
      elle apparaît dans un miroir sans tain
      (je suis de l’autre côté) en vedette
      avec vison et visage enfantin
      devant le port d’Anvers-sous-l’Aventin.
      Elle ne me voit pas mais, ayant pris
      une livre de nard pur de grand prix,
      Marie fébrile inspire, s’apprêtant
      à en huiler les pieds de Jésus-Christ.
      Sa bouche est entrouverte. On voit trois dents.

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      38. Poem beginning “The”

      J’ai lu, Julien, 55 poèmes
      de Zukofsky, dont « Poem Beginning
      “The” » m’a plutôt intéressé, en même
      temps qu’étonné : l’esprit est un camping
      sauvage immense — or Zuk en fait un ring
      minuscule, en lorgnant exactement
      le sol qu’Eliot cibla pour fondement
      de The Waste Land ! Au lieu d’être jaloux,
      pensons en forme un libre emplacement
      de terre inculte où planter notre igloo.

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      8 mars 2026

    • Léda et le cygne

      Une tentative de traduction du poème de W. B. Yeats :

      Leda and the Swan

      A sudden blow: the great wings beating still
      Above the staggering girl, her thighs caressed
      By the dark webs, her nape caught in his bill,
      He holds her helpless breast upon his breast.

      How can those terrified vague fingers push
      The feathered glory from her loosening thighs ?
      And how can body, laid in that white rush,
      But feel the strange heart beating where it lies ?

      A shudder in the loins engenders there
      The broken wall, the burning roof and tower
      And Agamemnon dead.
      ___________________Being so caught up,
      So mastered by the brute blood of the air,
      Did she put on his knowledge with his power
      Before the indifferent beak could let her drop?

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      « Léda et le cygne » (traduction P. V.)

      Un coup soudain — quand battent les immenses ailes
      Sur Léda renversée — alors, ses cuisses sentent
      Des palmes, puis un bec pinçant sa nuque à elle :
      Il scelle à son poitrail sa poitrine impuissante.

      Comment ces pauvres doigts pourront chasser, des cuisses
      Faibles, la gloire à plumes, malgré leur terreur ?
      Comment le corps, que ces assauts blancs engourdissent,
      Pourra ne pas sentir battre affolé son cœur ?

      Un frisson dans les reins et voilà que s’engendrent
      Le mur cassé, la toiture et la tour en cendres,
      La mort d’Agamemnon.
      ______________________ Elle emportée, pauvresse
      Maîtrisée par ce sang brutal jailli du vent,
      A-t-elle obtenu son savoir en recevant
      Sa force — avant qu’indifférent le bec la laisse ?

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      3 mars 2026

    • Birdsong rive gauche

      Birdsong, qui vient de percer sa coquille, poursuit son envol.

      J’aurai le plaisir de le présenter le mercredi 18 février à 19h, à la librairie Gallimard, 15 boulevard Raspail, 75007 Paris.

      En attendant, vous pouvez lire l’article récent de Clément Alfonsi

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      12 février 2026

    • Birdsong en librairie

      Birdsong paraît aujourd’hui aux éditions Klincksieck dans la collection “De natura rerum” dirigée par Camille Pech de Laclause !

      C’est un récit, un essai, un poème, de la critique (de textes, de photos, de musique) et un journal, tout à tour et tout à la fois. L’intrigue de départ minuscule — comment le petit poète honorera-t-il la commande d’un festival ? — s’y abouche vite aux enjeux majuscules et collectifs — qu’est-ce qu’un oiseau, comment freiner la disparition de cette classe, la littérature peut-elle avoir le moindre rôle ? Avons-nous encore l’idée d’un paradis ?

      Et Charlie Parker, que nous dit son “Ornithology” ? Peut-on écrire une improvisation en duo avec le merle du jardin, pendant que la tondeuse du voisin assure la section rythmique ?

      Les magnifiques photos de Byung-Hun Min relancent l’écriture, jouant à la fois le rôle de clé et de mystère.

      Lancement le 11 février à 19:30 à la librairie Nordest, 34bis rue de Dunkerque, 75010 Paris.

      6 février 2026

    • Envol de Birdsong

      J’ai le plaisir de vous inviter au lancement de Birdsong (éditions Klincksieck, coll. « De natura rerum »), le 11 février à 19h30 à la librairie Nordest, 34bis rue de Dunkerque (75010).
      Enquête sur une classe d’animaux en danger et récit de la prise de contact concrète avec les merles et les hirondelles de la rue, Birdsong se présente comme le making-of d’une salve de poèmes. Le livre commence par prendre les oiseaux pour objets de savoir (Qui sont-ils ? Pourquoi les connaître ? Que signifierait les « connaître » ? Et comment les aimer sans les connaître ? Que nous disent-ils avec leur chant ? Que faire pour les protéger ?), avant de les traiter en partenaires de jazz dans l’improvisation collective de vivre.
      Avec un cahier photographique de l’artiste coréen Byung-Hun Min.

       

      3 février 2026

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